Efficience 21 /// automne 2020

Actuel I En images

Un bestiaire 100% suisse

en image_aut20_sommaire

Actuel

Brèves

news_aut20_sommaire

Société

Regards croisés – CO2: compenser ne suffit pas

regards_auto20_sommaire

En partenariat avec SuisseEnergie

Tout savoir sur l’étiquette-énergie automobile

tout_savoir_sommaire

Interview I Sofia de Meyer

Sofia de Meyer cultive l’économie régénérative

sofia_sommaire

Energie et travaux I Bâtiment efficient

Un bijou expérimental de technologie

monterosa_sommaire

Energie et travaux I Eoliennes

Des enfants et du vent

eolienne_sommaire

Dossier I Bois-énergie

Le bois ne se laisse pas abattre

dossier_bois_sommaire

En partenariat avec CleantechAlps

Fireforce invente le feu sans fumée

fireforce_sommaire

En partenariat avec CleantechAlps

Bloom Biorenewables substitue la biomasse au pétrole

bloom_sommaire

Mobilité I Véhicules particuliers et transports

La Suisse mise sur l’hydrogène

mobilite_hydrogene_sommaire

Mobilité I Aviation

De l’électricité dans l’air

mobilite_electricite_sommaire

Mobilité I Vélo

Un kit pour changer les bicyclettes en vélos électriques

mobilite_kit_sommaire

Vivre I Protection de l’avifaune

Construction et sauvegarde des oiseaux: mode d’emploi

avifaune_sommaire

Vivre I Préservation des abeilles

Bees Connection

bees_sommaire

Vivre I Consommation locale

Le retour à la terre, oui, mais sans excès de CO2

retour_sommaire

VIVRE I Préservation des abeilles

Bees Connection

 

Maillon essentiel dans la sauvegarde de la biodiversité et la sécurité alimentaire mondiale, les abeilles sont menacées. Des ruches
d’un nouveau genre pourraient jouer un rôle clé dans leur préservation.

  

THOMAS PFEFFERLÉ

Selon une étude récente, les services de pollinisation dispensés par les insectes, principalement les abeilles, s’élèveraient à 153 milliards d’euros chaque année, soit le PIB de la Hongrie. Les scientifiques précisent que, sans ces services de pollinisation, l’approvisionnement en fruits, légumes, café ou encore cacao pourrait ne plus satisfaire la demande actuelle. Et la menace est réelle: en raison de l’utilisation massive des engrais, pesticides et autres produits dans l’agriculture intensive, les abeilles se meurent dans des proportions particulièrement inquiétantes. Il manquerait actuellement près de 15 millions de ruches rien qu’en Europe.

«Les abeilles disparaissent également en grand nombre à cause du varroa, un acarien originaire d’Asie du Sud-Est», explique Audric de Campeau, fondateur de CitizenBees. Autodidacte dans les domaines de la viticulture et de l’arboriculture, il se lance dans l’apiculture de la même manière. Quelques piqûres plus tard, c’est en 2013 qu’il lance CitizenBees en Suisse. Le concept? Proposer aux entreprises, hôtels et bureaux situés en milieu citadin d’héberger des ruches sur leur toiture et de participer ainsi activement à la sauvegarde des abeilles. Ces ruches sont connectées afin de récolter de précieuses informations sur les activités de leurs occupantes.

BUTINER DES DONNÉES

Plus de deux ans de recherche et développement et 100’000 francs d’investissement auront été nécessaires à l’élaboration de ce dispositif technologique. Montées sur des balances, les ruches sont munies de webcams et de bandes optiques. Poids, quantité de miel produite ou encore nombre d’abeilles en activité représentent autant de paramètres collectés et croisés avec des données relatives aux emplacements, mais aussi à la météo. Au final, cela permet de mieux comprendre comment favoriser la sauvegarde des butineuses.

«Pour une entreprise, héberger ces ruches permet aussi d’impliquer ses collaborateurs et ses clients dans la démarche», ajoute Audric de Campeau. Un excellent moyen de sensibilisation qui offre par ailleurs la possibilité de récolter son propre miel. «En hébergeant nos ruches, nos partenaires participent à la préservation des abeilles tout en bénéficiant d’une plus-value en termes d’interaction, de pédagogie et de lien avec leurs clients ou partenaires», résume-t-il.

 

ESSAIMER LOCALEMENT

Avec près de 200 ruches, dont certaines sont louées tandis que d’autres sont gardées en réserve, CitizenBees entend également soutenir une branche qui souffre en (re)donnant du travail aux apiculteurs. Pour développer son activité, l’entrepreneur mise ainsi sur une dimension à la fois locale et engagée, en faisant appel aux professionnels du secteur situés aux alentours des ruches louées.

L’entreprise emploie aujourd’hui six collaborateurs en Suisse et en France – en plus du réseau créé avec les apiculteurs régionaux – et génère un chiffre d’affaires annuel de 200’000 francs. Avec une progression de 30 à 50% attendue ces prochaines années, CitizenBees entend bien poursuivre son activité et faire face à la concurrence qui semble se mettre en place. «Un signe encourageant, poursuit l’entrepreneur, car cela indique que notre idée de départ était bonne et que le concept séduit un nombre croissant de clients comme de partenaires. On peut y voir une réelle tendance à la fois économique et vertueuse.»