Efficience 21 /// automne 2020

Actuel I En images

Un bestiaire 100% suisse

en image_aut20_sommaire

Actuel

Brèves

news_aut20_sommaire

Société

Regards croisés – CO2: compenser ne suffit pas

regards_auto20_sommaire

En partenariat avec SuisseEnergie

Tout savoir sur l’étiquette-énergie automobile

tout_savoir_sommaire

Interview I Sofia de Meyer

Sofia de Meyer cultive l’économie régénérative

sofia_sommaire

Energie et travaux I Bâtiment efficient

Un bijou expérimental de technologie

monterosa_sommaire

Energie et travaux I Eoliennes

Des enfants et du vent

eolienne_sommaire

Dossier I Bois-énergie

Le bois ne se laisse pas abattre

dossier_bois_sommaire

En partenariat avec CleantechAlps

Fireforce invente le feu sans fumée

fireforce_sommaire

En partenariat avec CleantechAlps

Bloom Biorenewables substitue la biomasse au pétrole

bloom_sommaire

Mobilité I Véhicules particuliers et transports

La Suisse mise sur l’hydrogène

mobilite_hydrogene_sommaire

Mobilité I Aviation

De l’électricité dans l’air

mobilite_electricite_sommaire

Mobilité I Vélo

Un kit pour changer les bicyclettes en vélos électriques

mobilite_kit_sommaire

Vivre I Protection de l’avifaune

Construction et sauvegarde des oiseaux: mode d’emploi

avifaune_sommaire

Vivre I Préservation des abeilles

Bees Connection

bees_sommaire

Vivre I Consommation locale

Le retour à la terre, oui, mais sans excès de CO2

retour_sommaire

En partenariat avec CleantechAlps

Bloom Biorenewables substitue la biomasse au pétrole

 

Dans la course à la décarbonisation, il est urgent de trouver des alternatives au pétrole. Outre les domaines de l’énergie et de la mobilité, les processus pétrochimiques sont impliqués dans la production des plastiques, des fragrances et des arômes. Une start-up propose d’y remplacer l’or noir par la biomasse.

Utiliser les arbres et les déchets agricoles pour produire des fiouls, des plastiques, des parfums et autres molécules impliquées dans l’industrie cosmétique et alimentaire: c’est ce que propose la start-up Bloom Biorenewables, établie dans la commune fribourgeoise de Marly. Ces produits et molécules sont actuellement issus de la pétrochimie et contribuent à l’augmentation des émissions de CO2. Miser sur la biomasse permet de s’inscrire dans des cycles de carbone beaucoup plus courts, compris entre 20 et 50 ans, soit le temps nécessaire à la croissance d’un arbre. Ce carbone n’est donc qu’«emprunté» avant d’être restitué à la nature, ce qui est impossible avec l’utilisation massive des ressources fossiles.

«Nous avons mis au point une solution unique, se basant sur les plantes et l’agriculture, qui va contribuer à résoudre la problématique de la décarbonisation», souligne le CEO, Remy Buser. «Notre idée consiste à proposer une alternative permettant de répondre à l’urgence du réchauffement climatique engendrée par notre utilisation massive des hydrocarbures.»

 

FILIÈRES BOIS EUROPÉENNES

En remplaçant le pétrole par la biomasse, le processus élaboré par la jeune pousse est déjà en phase pilote. Avec le soutien d’Innosuisse et de différents acteurs industriels, et en partenariat avec la Haute Ecole d’ingénierie et d’architecture de Fribourg, Bloom Biorenewables s’est donné cinq ans pour être en mesure de produire ses molécules dans des proportions industrielles. Une innovation à laquelle s’intéressent de près les géants suisses et internationaux du secteur qui souhaitent mettre en pratique des stratégies durables dans un contexte d’urgence climatique.

Pour l’approvisionnement en matière première, le bois suisse pourrait être une solution. Mais le territoire helvétique, de par sa petite taille et sa topologie, peut limiter le passage du projet à l’échelle industrielle. L’entreprise élabore donc d’autres pistes de collaboration, notamment avec des filières scandinaves. La transformation de la matière première en briques élémentaires exploitables pour produire les molécules visées pourrait ensuite être effectuée en collaborant avec des acteurs du secteur de la production de pâte à papier.

 

DÉCHETS VALORISÉS POUR PROPULSER LES CARGOS

Outre son volet directement dédié à la production de plastiques, fragrances et arômes, la start-up entend ajouter un volet durable à son activité. Car les déchets issus de son processus basé sur la biomasse peuvent être réutilisés pour la production de fioul maritime. Une démarche aussi novatrice que prometteuse menée à l’échelle européenne dans le cadre d’Idealfuel, un projet qui rassemble une dizaine de partenaires, dont la compagnie suisse WinGD, à Winterthour, spécialisée dans la conception et la fabrication de moteurs destinés à l’industrie du transport maritime.

«Ce volet de notre activité nécessite de repenser complètement le design du carburant durable qui doit alimenter les moteurs des navires marchands», ajoute Remy Buser. «Pour relever ce défi, l’apport d’un partenaire industriel spécialisé dans les systèmes de propulsion des cargos est essentiel, d’où cette collaboration avec WinGD.» Une approche novatrice qui pourrait bien réconcilier la filière du transport maritime avec une dimension durable des plus attendues, puisque actuellement, le fioul lourd majoritairement utilisé par les cargos génère une pollution supérieure à celle de l’aviation.

La plateforme CleantechAlps apporte son soutien aux entreprises actives dans les technologies propres. En partenariat avec elle, Efficience 21 met en lumière ceux qui font les cleantechs en Suisse occidentale.