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Et si c’était le moment de changer de fenêtres?

 

Cadre usé, courant d’air ou simple envie d’améliorer l’efficacité énergétique de votre bien immobilier: autant de (bonnes) raisons pour envisager un remplacement de vos fenêtres. Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle? Et comment trouver le matériel et l’entreprise adaptés à vos besoins? Voici les questions à se poser et des pistes pour y répondre.

  

SYLVIE ULMANN

AI-JE DROIT À DES SUBVENTIONS?

Mauvaise nouvelle, la Confédération ne subventionne plus le simple remplacement de fenêtres. En revanche, le Programme Bâtiments peut entrer en matière dans le cadre d’une amélioration de classe CECB. Quèsaco? Le CECB – ou Certificat énergétique cantonal des bâtiments – reflète la consommation énergétique de votre bien, exprimée à l’aide d’une étiquette énergétique allant de A à G, cette dernière lettre désignant un gouffre énergétique.

Si vos travaux font passer l’étiquette de votre villa de F à D, vous aurez bien des chances d’obtenir de l’argent. Mais il ne «suffira» pas de changer vos fenêtres pour cela, il faudra intervenir à un autre niveau aussi – enveloppe, isolation du toit par exemple. Un expert CECB accrédité pourra vous aider à déterminer les travaux à privilégier, mais pour vous faire une idée en quelques clics, filez sur le site www.cecb-diagno.ch. Un outil vous aidera à visualiser les rénovations qui vont vraiment améliorer l’étiquette énergétique de votre bien. Attention, cet outil donne un ordre de grandeur, il ne se substitue pas à un CECB établi par un pro! Ensuite, la chasse aux subventions peut commencer, et le site www.leprogrammebatiments.ch sera votre meilleur ami: il résume, canton par canton, celles qui sont accordées. Notez que certaines communes en allouent également, cumulables à celles des cantons.

 

L’EFFICIENCE D’UN VITRAGE, CELA SE MESURE?

Oui, et cela tient même en une valeur: le fameux «U», qui indique la capacité des éléments de construction et des matériaux isolants à résister au transfert de chaleur naturel – on va du plus chaud au plus froid. «Plus ce chiffre est petit, plus le vitrage est isolant», résume Jean-Fred Capt, chef succursale Suisse romande à l’Association suisse des fabricants de fenêtres et de façades (FFF). «Le U d’un bon vitrage double est compris entre 1,1 et 1,0; pour du triple, comptez sur une valeur U de 0,7 à 0,4. Aujourd’hui, les cantons exigent 1,3U pour une fenêtre (verre et cadre), et le standard Minergie P, 0,8U. Un mur isolé a une valeur U d’environ 0,2.»

Ces dix dernières années, les vitrages ont largement gagné en efficience. «Le triple est un standard et les verres sont devenus très isolants», précise François Matthey, chef de projet senior chez Gindraux SA, fabricant et poseur de fenêtres depuis 1907. C’est à tel point vrai que le principal lieu de déperdition de chaleur sur une fenêtre peut être… son cadre!

 

COMMENT TROUVER LA FENÊTRE IDÉALE?

Avec l’aide d’un pro, bien sûr. Mais pour déblayer un peu le terrain, commencez par choisir le type de matériau que vous souhaiteriez installer. Dans le haut de gamme, «le bois-métal reste le nec plus ultra, car il demande peu d’entretien et peut tenir plus de cinquante ans. Le bois est excellent aussi, mais il faudra rénover les cadres régulièrement, tous les cinq à sept ans environ, en fonction de leur exposition», souligne François Matthey. L’orientation de la fenêtre et le fait qu’elle soit ou non protégée par un avant-toit peuvent en effet prolonger (ou non!) la durée de vie du traitement. Quid du PVC? Outre son prix – c’est la variante la moins onéreuse –, ce matériau ne nécessite pas d’entretien particulier. Par contre, les UV ont tendance à le dégrader – il jaunit, peut finir par s’effriter. Vous risquez donc de devoir à nouveau remplacer vos cadres d’ici vingt à vingt-cinq ans.

 

COMMENT CHOISIR LE BON POSEUR?

Ce n’est pas forcément celui qui vous propose la solution la moins chère… Avant de faire votre choix, n’hésitez pas à lui poser des questions: d’où viennent vos futures fenêtres? Le bilan carbone est meilleur lorsque les matériaux n’ont pas fait trois fois le tour de la planète pour être extraits puis assemblés; le bâtiment est aussi un terrain où consommer local est un bon geste. Ensuite, l’entreprise assure-t-elle un service après-vente en cas de dysfonctionnement ou de casse? Et quel suivi propose-t-elle? Notez que même des modèles faciles à vivre de type bois-métal ou PVC ont besoin d’un entretien régulier – réglages, graissage, ajustement… Ils vous remercieront en restant en place plus longtemps. Certaines entreprises assurent un tel suivi.

 

COMMENT SAVOIR CE QU’ON GAGNE?

«En Valais, compte tenu des taux élevés de subventions, mieux vaut rénover son bâtiment que jouer au loto: au moins, on gagne à tous les coups!» lance Guy Jacquemet, ingénieur au service de l’énergie et des forces hydrauliques. En prime, c’est défiscalisable; un spécialiste de l’optimisation de rénovation – expert CECB ou ingénieur en énergétique du bâtiment – pourra vous aider à planifier les travaux. En termes d’économies d’énergie, une maison familiale pourvue de 40m2 de fenêtres laissera filer deux à trois fois moins de chaleur avec un double vitrage actuel qu’avec un modèle d’il y a vingt ans, soit 500 litres de mazout par an. Avec du triple, on économise près de 1000 litres par an.