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ÉNERGIE ET TRAVAUX I Bâtiment public

 

La Maison de l’environnement donne l’exemple

 

C’est à Vennes, sur les hauts de Lausanne, qu’un nouveau bâtiment accueille la Direction générale de l’environnement du canton de Vaud. Et c’est la première fois en Suisse que la construction d’un complexe administratif de cette ampleur s’appuie sur du bois et de la terre crue.

  

D’APRÈS COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU BUREAU D’INFORMATION ET COMMUNICATION VAUD 

La charpente et l’enveloppe extérieure de la Maison de l’environnement, construite sur quatre niveaux, ont été réalisées entièrement en bois. Plus de 4000m3 – majoritairement de l’épicéa – ont été prélevés dans les forêts cantonales, puis assemblés dans différentes entreprises vaudoises. Quant au corps central, il est composé de briques en terre crue contenant 95% de terre et seulement 5% de ciment. Des éléments produits par une entreprise de La Côte, qui a développé un modèle de briques exclusif pour ce projet. La matière première a été prélevée dans plusieurs chantiers de la région, tous situés à moins de 2km de la fabrique.

Côté chaleur, ce sont des pompes géothermiques qui assurent le chauffage de la Maison de l’environnement, tandis que 400m2 de panneaux solaires photovoltaïques sont installés sur son toit végétalisé. Des aménagements favorisant la biodiversité, dont une zone humide, verront également le jour à proximité immédiate du bâtiment.

Selon les objectifs inscrits dans le Plan climat du canton de Vaud, il s’agit de réduire de 50% à 60% les émissions de gaz à effet de serre du territoire cantonal d’ici à 2030 et de viser la neutralité climatique au plus tard en 2050. Pour atteindre cet objectif, dans le domaine des bâtiments, l’Etat entend accélérer l’assainissement énergétique de ses bâtiments avec l’objectif, d’ici à 2040, d’assainir 20% du parc immobilier (77 bâtiments) afin d’atteindre une baisse des émissions de CO2 de 80%.

BUDGET RESPECTÉ

La Maison de l’environnement fait ainsi figure d’exemple, dans un contexte où la réduction des émissions de CO2 est désormais au cœur de la gestion du parc immobilier de l’Etat de Vaud. Le recours au bois des forêts cantonales est d’ailleurs prévu dans les années à venir pour plusieurs constructions majeures, parmi lesquelles l’extension du Tribunal cantonal.

La construction a respecté le budget initial de 18 millions de francs et l’usage accru du bois lui a valu le soutien de l’Office fédéral de l’environnement à hauteur de 150’000 francs. Le bâtiment bénéficie de trois certifications environnementales et énergétiques (SméO, Minergie P-Eco, Nature et Economie). Depuis le mois d’octobre, il a commencé à accueillir quelque 180 collaborateurs et collaboratrices de la Direction générale de l’environnement (DGE) actuellement repartis sur cinq sites de la région lausannoise. Ils rejoindront sur le site de Vennes une autre entité de la Direction, installée dans les locaux voisins du Centre des laboratoires cantonaux.

Questions à Béatrice Métraux, 

cheffe du Département de l’environnement et de la sécurité du canton de Vaud

 

PROPOS RECUEILLIS PAR ÉLODIE MAÎTRE-ARNAUD

 

La construction est en bois et terre crue, une première en Suisse pour un bâtiment public. Quel message le canton veut-il envoyer?

Dès le lancement du projet, en 2017, il a été clair qu’un immeuble appelé à rassembler sous un même toit les entités de la Direction générale de l’environnement du canton de Vaud se devait d’être exemplaire et emblématique de sa mission. En ce sens, la Maison de l’environnement (MEV) symbolise la volonté de l’Etat de préserver la nature, de valoriser la richesse de ses paysages, ainsi que de favoriser la biodiversité sur son territoire. Elle renforce la résolution des autorités à assurer une gestion équilibrée des ressources naturelles avec, en point de mire, la transition énergétique, la réduction de l’empreinte carbone du canton et l’adaptation au changement climatique.

 

Au-delà du symbole, pourquoi ce choix d’une construction écologique?

Ce bâtiment novateur s’inscrit dans la droite ligne du Plan climat lancé en juin 2020 par l’Etat de Vaud pour faire face au changement climatique. Il fixe de nouveaux standards de réalisation; l’emploi de matériaux d’origine locale, émettant moins de CO2, avec le recours à des entreprises du cru, doit en effet devenir la règle et non plus l’exception. Et c’est une réponse très concrète aux débats, aux attentes, aux besoins qui caractérisent notre société. La MEV doit aussi encourager les collectivités publiques à privilégier des modes de construction alternatifs aussi souvent que possible. Le canton, en somme, se veut volontariste en matière de construction bas carbone; il veut démontrer qu’il est possible de bâtir autrement.

 

Le coût est-il plus élevé que l’aurait été celui d’une construction classique en béton?

Non. Sans déroger au critère prépondérant d’économicité, le Conseil d’Etat a inscrit cette réalisation dans un cadre budgétaire relativement étroit de 18,1 millions de francs. Par ailleurs, les techniques retenues pour sa conception ont permis d’économiser 90 tonnes de béton ou 80 tonnes de CO2, soit l’équivalent d’autant d’allers-retours Paris – New York en avion. 

 

Le caractère écologique était l’un des critères d’adjudication?

Dès les études préliminaires, le projet a intégré les impératifs de préservation de l’environnement et d’utilisation des énergies renouvelables. Soit notamment l’utilisation de matériaux de construction avec un faible impact CO2, le recours à des éléments de finition recyclables ou démontables en vue de leur fin de vie, des aménagements favorisant la biodiversité en ville ou encore la proximité des transports publics.

 

Doit-on généraliser cette exigence ou, a minima, adapter les barèmes pour ne pas exclure les offres écologiques à cause d’un prix plus élevé?

Ces exigences s’appliquent de plus en plus souvent lors de la construction de tout bâtiment public. Dans tous les cas, on applique le SméO, développé par le canton de Vaud et la Ville de Lausanne. Il s’agit d’un outil d’aide à la planification, à la réalisation et à l’exploitation de quartiers et de bâtiments répondant aux principes du développement durable. Les offres «écologiques» ne sont pas pénalisées. C’est un ensemble de critères – financiers, environnementaux, architecturaux, etc. – ainsi que leur cohérence par rapport au cahier des charges qui sont déterminants.

 

Comment aller plus loin et encourager ce type de construction dans le domaine des bâtiments publics?

Pour le Conseil d’Etat, la construction représente un bras de levier important de la transition écologique. Une étude mandatée par le canton de Genève a pu calculer que l’empreinte carbone des bâtiments en bois est 70 à 80% inférieure à celle des bâtiments conventionnels en béton. On estime aujourd’hui que 5% à 15% du bâti en Europe a eu recours aux biomatériaux (bois) et aux matériaux géosourcés (terre crue et pierre sèche). Et en Suisse, chaque année, 15% des nouvelles constructions font appel au bois en plus ou moins grandes quantités. Au vu de ces chiffres, encourageants certes mais insuffisants, les collectivités publiques ont un rôle important à jouer en tant que maîtres d’œuvre. Avec l’efficacité énergétique, la réduction des émissions doit être un critère de choix impératif pour les nouvelles réalisations, ainsi que pour les rénovations, à l’image de la Maison de l’environnement. Voilà pourquoi l’Etat de Vaud a prévu des incitations financières pour l’utilisation du bois local dans les constructions, et un soutien à des projets innovants pour un total de 4 millions de francs.