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MOBILITÉ I Véhicules particuliers et transports

La Suisse mise sur l’hydrogène

 

Vous rêvez de rouler avec un carburant 100% renouvelable? Grâce à l’hydrogène, cela pourrait bientôt être à la portée de tout un chacun. Chez Coop, on l’utilise déjà sur un camion et une douzaine de voitures.

  

SYLVIE ULMANN

L’invention du moteur à hydrogène ne date pas d’hier. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que ce carburant vert est en train de sérieusement gagner du terrain en Suisse. Tout a commencé en 2016: cette année-là, Coop installait une première station-service à hydrogène à Hunzenschwil, en Argovie. Une expérience positive qui, en 2018, a donné naissance à une association. Baptisée Mobilité H2 en Suisse, elle compte 21 membres qui exploitent plus de 2000 stations--service traditionnelles et quelque 4000 véhicules utilitaires lourds. Son objectif: mettre en place d’ici à 2023 un réseau de stations-service à hydrogène qui couvre tout le territoire helvète. Un élan qui ne s’arrête pas à nos frontières. «La Commission européenne a adopté une stratégie sur l’hydrogène cet été», précise Christian Bach, expert en mobilité au Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (EMPA). «Elle vise à en faire une pièce essentielle du système énergétique d’ici à 2030.» Et d’ajouter que, à cette fin, une capacité d’électrolyse «d’au moins 40 giga-watts doit être installée en Europe, pour produire jusqu’à 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable».

 

UN PLEIN RAPIDE À LA POMPE

Pour donner un coup de pouce à ce carburant, l’EMPA a d’ailleurs élaboré l’an dernier une directive d’homologation pour les constructeurs de stations-service, les autorités et les agences spécialisées, ouvrant ainsi la voie à la mise en place d’un réseau national de stations-service à hydrogène. Car il s’agit là d’un point fondamental: sans réseau, en effet, impossible de convaincre un maximum de citoyens et d’entreprises de renoncer à l’essence. Si les utilisateurs sont, sur le principe, prêts à adopter un nouveau type de carburant, ils sont rarement enclins à modifier profondément leurs habitudes. Or, comme on le souligne chez Coop, c’est justement l’un des atouts de ces véhicules. «On fait le plein à la pompe, comme pour une voiture à essence ou à diesel, en trois à cinq minutes», précise Jörg Ackermann, membre du comité de Mobilité H2 et de la direction de Coop. «Un plein permet à un véhicule de tourisme de parcourir 500 à 700 kilomètres.» La flotte du géant orange compte d’ailleurs aujourd’hui un camion et une douzaine de voitures à hydrogène; d’autres camions devraient la compléter cette année encore.

 

COÛTS ENCORE ÉLEVÉS POUR LES PARTICULIERS

Au rayon voitures de tourisme, sur le marché, plusieurs constructeurs japonais – Hyundai, Toyota et Honda – proposent des véhicules roulant à l’hydrogène. Hélas, ceux-ci ne sont pas à la portée de tout un chacun; la Hyundai Nexo et la Toyota Mirai coûtent ainsi la bagatelle de 89’900 francs. Et n’espérez pas vous rattraper sur le prix du plein comme avec leurs cousines électriques: à la pompe, l’hydrogène revient à environ 10 francs pour 100 kilomètres, soit à peu près l’équivalent du prix du diesel ou de l’essence sans plomb.

Heureusement, l’idée n’est pas de faire rouler tous les Helvètes dans ce type de véhicules. «Nous sommes convaincus qu’aucune technologie de propulsion ne peut, à elle seule, couvrir toutes les applications», explique Christian Bach. «Les véhicules électriques à batterie, à pile électrique et à moteur à combustion alimenté par des carburants synthétiques se complètent plus qu’ils ne se concurrencent.» Et de préciser que ce qui est décisif pour réduire le CO2, c’est de recourir aux énergies renouvelables. Sur ce plan, l’hydrogène a tout bon. Il permet en effet d’utiliser temporairement l’excédent de l’électricité produite dans les centrales hydroélectriques ou solaires, durant les mois d’été notamment. Transformée en hydrogène par électrolyse, elle est ensuite disponible pour ravitailler les véhicules à pile à combustible.

Rouler à l’hydrogène: comment ça marche?

 

Tout repose sur l’effet pile à combustible, qui n’a rien de nouveau, puisqu’il a été découvert en 1839 par le chimiste suisse d’origine allemande Christian Schönbein. Ce dispositif génère une tension électrique grâce à l’oxydation sur l’électrode d’un combustible réducteur – ici, l’hydrogène. Obtenu par électrolyse de l’eau – sa décomposition en hydrogène et oxygène grâce à l’électricité –, celui-ci n’émet que de la vapeur d’eau. Lorsque l’électricité nécessaire à cette opération provient d’une source durable – dans le cas qui nous intéresse, on utilise l’excédent des barrages et des centrales solaires –, les émissions de CO2 sont nulles.

Pour faire rouler une voiture, on branche cette pile à combustible sur un moteur. En transformant l’hydrogène en électricité, celle-ci permet au véhicule d’avancer.