fr Le cercle vertueux de l’économie

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SOCIÉTÉ I Economie circulaire

 

Le cercle vertueux de l’économie

 

On le sait désormais, difficile de faire rimer consommation et durabilité dans le contexte économique actuel. Trop souvent, dans ce modèle linéaire, des ombres telles que le green washing ou la menace d’un retour aux cavernes et à l’éclairage à la bougie s’invitent au tableau. Pourtant, depuis quelques années, une alternative émerge: l’économie circulaire.

  

SYLVIE ULMANN

Fermer le cercle pour sortir de sa quadrature: tel est le programme de l’économie circulaire. L’idée? réfléchir, dès la conception d’un produit ou d’un service, à son cycle de vie, à sa durée de vie, à son impact sur la nature, sans oublier son élimination. Plus question dès lors de commercialiser un sac en toile de chanvre biologique sans s’être assuré au préalable qu’il a été confectionné dans des matériaux, fil compris, locaux et compostables, ainsi que dans des conditions de travail respectueuses. De même, un jus d’abricot local et bio, mais proposé dans une brique en composite qui finira à la poubelle, ne passera pas la rampe. Il faudra, pour cela, l’habiller d’un emballage lavable ou recyclable.

«Le développement durable ne s’attaquait qu’aux conséquences de la consommation, ouvrant grand la porte à tous les abus», s’enthousiasme Felix Staehli, d’Impact Hub, l’incubateur d’entreprises de Circular Economy Switzerland (CES), le Mouvement pour une économie circulaire. «L’économie circulaire aborde le problème directement à sa source, sans culpabiliser les gens ni questionner l’économie de marché.» Sa collègue, Laurène Descamps, poursuit: «Ce modèle permet de repenser notre relation aux matériaux et aux objets. Les ressources reviennent dans le cercle, on n’acquiert plus un bien, mais un service.» Un exemple? «Mobility», répond Felix Staehli. «Au lieu d’acquérir un véhicule qu’on laisse dormir au garage toute la semaine pour l’en sortir le week-end, on achète la possibilité d’en utiliser un de la flotte Mobility quand on en a besoin», détaille-t-il.

Un label pour boucler la boucle

 

Inventé en 2002 par un architecte et un chimiste, le label Cradle to Cradle – «du berceau au berceau», en français – offre une alternative à la devise de l’économie dite linéaire, «du berceau au tombeau». Il vise à changer la manière dont on conçoit un produit: d’un impact minimal sur l’environnement, comme dans le modèle durable, les produits deviennent bénéfiques pour l’environnement. Vêtements, chaussures et articles en cuir, produits cosmétiques ou de nettoyage, meubles et tapis peuvent être labellisés, moyennant un passage par un processus de certification. Le label s’intéresse à cinq critères, dont l’innocuité des composants pour la santé et l’environnement, l’utilisation de renouvelables pour la production et une consommation d’eau responsable. Des garanties portant sur les conditions sociales de fabrication des biens concernés figurent aussi au programme.

SIMPLIFICATION

Rien de tel pour encourager le producteur à proposer de la qualité et le consommateur à se montrer soigneux et économe. «Imaginons qu’un hôtel loue ses produits de nettoyage au lieu de les acheter», ajoute Tom Koch, chef de projet chez Rytec Circular. «Le fabricant à tout intérêt a ce qu’ils soient efficaces, car une éventuelle surconsommation de son client lui incombera. C’est une manière de le remettre face à ses responsabilités. Plus il offre des produits de qualité, plus il améliore ses marges. Dans ce modèle, l’obsolescence programmée n’a plus de sens.» L’entreprise, aujourd’hui active dans le domaine du conseil en économie circulaire, a vu le jour il y a trente ans. Essentiellement liée aux usines d’incinération à ses débuts, elle s’est ensuite réorientée sur le recyclage. Elle accompagne désormais les entreprises qui souhaitent fermer la boucle, qu’elles fabriquent des meubles, des bus, des emballages ou des balances industrielles. Le mot d’ordre de l’économie circulaire: simplification! Moins de composants, de fournisseurs, développement de partenariats, mutualisation des savoir-faire (aussi entre concurrents), utilisation en priorité des ressources locales – la crise du coronavirus a démontré la fragilité de l’approvisionnement international.

 

ACHATS CIRCULAIRES AUTORISÉS  DANS LES MARCHÉS PUBLICS

Un label, baptisé Cradle to Cradle, permet déjà de repérer les produits correspondant à ces critères (lire l’encadré). Et une norme ISO, qui devrait voir le jour l’an prochain, est en préparation. Mais c’est surtout auprès des entreprises qu’il faut faire passer le mot. Les pouvoirs publics ont eux aussi tout en main pour faire avancer les choses, à tous les échelons, des communes à la Confédération. «Il leur suffirait, lors des appels d’offres, de prendre en compte des paramètres tels que l’économie circulaire, la régionalité ou la qualité d’une offre et non plus seulement son prix», souligne Tom Koch. Un premier pas a été effectué en ce sens au 1er janvier 2021: la révision du droit des marchés publics autorise les achats circulaires. Dans ce type d’offres, le montant de la facture pèsera désormais moins lourd dans la balance. 

Des étoffes durables chez Pfister

 

Lancée à l’automne 2017 avec une série de rideaux, la gamme labellisée «Cradle to Cradle» de Pfister s’est élargie à des serviettes-éponges et du linge de lit. Convaincue que «préserver les ressources est un enjeu grandissant, même dans le domaine de l’aménagement intérieur», l’entreprise a fait œuvre de pionnière sur ce terrain. Elle a mis sur pied un processus de réintroduction des textiles d’ameublement en fin de vie dans le cycle naturel, leur évitant ainsi de finir sous forme de déchets. «Notre objectif est que, dans un avenir proche, cette méthode de fabrication devienne un standard dans le monde du textile», souligne Thomas Stephani, responsable des marques et des collections chez Pfister Meubles SA. Entièrement recyclables, ces articles sont aussi en grande partie fabriqués localement. Pour les rideaux en soie certifiés, la matière première provient de l’élevage de vers à soie suisses. Une petite manufacture alémanique, spécialisée à l’origine dans la confection de drapeaux et de costumes traditionnels, a assuré le tissage des étoffes. Quant au linge de lit, qui fait partie de la ligne Seebach d’Atelier Pfister, il est 100% biodégradable, du tissu – un coton bio – aux pigments en passant par le fil, l’étiquette et même les boutons, en ivoire végétal.