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MOBILITÉ I Véhicules électriques

 

Le leader suisse  de l’autopartage passe à l’électrique

 

Après avoir popularisé la mobilité partagée, la coopérative Mobility franchit un nouveau cap: en 2030, tous ses véhicules seront électriques. Une décision qui pourrait donner un coup d’accélérateur à la transition vers une mobilité sans émissions en Suisse.

  

CLÉMENT GRANDJEAN

Mobility, c’est une vraie success-story helvétique: fondée en 1997, la coopérative met aujourd’hui à disposition de ses 24’5000 clients 2950 véhicules sur 1540 emplacements, rendant accessible un modèle de déplacement basé sur l’autopartage et la mobilité combinée. La coopérative annonce désormais s’être fixé un but ambitieux: dans moins de dix ans, elle ne proposera plus que des véhicules électriques à ses utilisateurs. «La transition se fera par paliers, détaille Stéphanie Gonzalez, porte-parole de l’entreprise. Dans une première phase, fixée en 2023, notre parc automobile devra respecter une limite moyenne de 95 grammes de CO2 par kilomètre. Puis nous poursuivrons notre évolution pour atteindre le 100% électrique en 2030. Si ce n’est pas avant.»

 

UN OBJECTIF DANS L’AIR DU TEMPS

Il faut dire que participer à dessiner la mobilité de demain est dans l’ADN de l’entreprise qui, en presque 25 ans, est devenue le visage de l’autopartage en Suisse. «Durabilité, amélioration de l’espace public, économies d’espace et d’émissions de gaz à effet de serre: ces principes font partie de la philosophie de Mobility», affirme Stéphanie Gonzalez. «Dans cette perspective, le passage à un parc de véhicules exclusivement électriques était une évidence.» Une évolution très actuelle donc, qui remporte tous les suffrages chez les acteurs de la mobilité durable: «Nous saluons cet objectif», relève Luca Maillard, collaborateur de l’ATE Association transport et environnement. «On aurait pu imaginer un délai de mise en place plus ambitieux, mais le fait que Mobility soit locataire de ses emplacements rallonge naturellement les démarches.»

Dans la pratique, en effet, un tel changement ne se fait pas en un claquement de doigts. La difficulté ne réside pas tant dans le renouvellement d’un parc de près de 3000 automobiles – celui-ci s’opère en permanence, les voitures étant revendues sur le marché de l’occasion après quatre ans et demi ou 80’000 kilomètres parcourus en moyenne – que dans l’installation d’autant de bornes de recharge sur les places de parking exploitées par l’entreprise. Cette dernière étant locataire des emplacements, elle collabore avec ses partenaires dans les secteurs de la distribution d’énergie et de l’installation de bornes pour mener des tractations avec les propriétaires.

Ce qui facilite les choses, c’est que Mobility n’a pas attendu 2021 pour s’intéresser à la mobilité électrique. «Nous avons déjà 160 voitures électriques en service», précise Stéphanie Gonzalez. «Cela nous a permis de nous familiariser avec leur potentiel et leurs limites. A nos abonnés aussi, d’ailleurs.» Justement, comment les clients ont-ils pris cette annonce? «90% d’entre eux l’ont accueillie favorablement. Parmi les autres, la principale réticence vient du fait que les personnes concernées n’ont jamais conduit de voiture électrique.»

LA SUISSE PASSE À L’ÉLECTRIQUE, MAIS…

La transition amorcée par Mobility accompagne une évolution globale d’un parc automobile suisse toujours plus électrique. Cela dit, si les Helvètes sont séduits, ils n’en conservent pas moins leur goût pour les grosses voitures. «L’offre se développe de manière exponentielle», explique Luca Maillard. «Or, ce marché n’échappe pas à la tendance qui voit les constructeurs proposer des engins lourds et imposants. D’ailleurs, on pensait que la moyenne de consommation électrique au kilomètre des voitures électriques baisserait avec l’arrivée de nouveaux modèles, mais elle reste stable à cause du manque d’efficacité de ces derniers.»

Du côté de l’offre en stations de recharge aussi, la Suisse suit la tendance: le réseau se densifie rapidement, avec plus de 3600 bornes publiques et un éventail d’applications permettant de les localiser ou de savoir si elles sont libres. Un tableau qui reste toutefois incomplet, puisqu’il ne prend pas en compte les milliers de bornes privées installées à domicile et à leurs frais par des propriétaires.

 

UN RÔLE D’EXEMPLE

Au-delà de la conversion de ses véhicules, l’annonce de Mobility pourrait créer un appel d’air vers l’électrique. «Mobility a déjà joué un rôle de pionnier sur le plan du covoiturage», souligne Luca Maillard. «Une seule voiture Mobility remplace onze véhicules privés, c’est une constatation enthousiasmante qui a mis l’autopartage sous les feux des projecteurs. On peut imaginer que le passage au 100% électrique fasse lui aussi des émules, notamment pour les entreprises.»

D’autant que l’entreprise ne s’arrête pas là: en 2040, Mobility prévoit d’être une entreprise climatiquement neutre, avant de s’atteler à la compensation rétroactive de ses émissions antérieures. Mais en attendant, une question demeure: quels modèles électriques arboreront la livrée rouge dans les années à venir? «Nous sommes en pleine phase de test», répond Stéphanie Gonzalez. «Un pool de dix véhicules est basé à Zurich depuis l’an dernier. Ils servent de cobayes pour évaluer ce qui conviendra le mieux à l’autopartage.»

Une feuille de route pour la mobilité électrique

 

Convaincu que la voiture électrique joue un rôle central dans la mobilité de demain, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) a mis sur pied une Feuille de route pour la mobilité électrique. Actuellement en consultation, ce document prévoit un ensemble de mesures destinées à favoriser l’adoption de cette motorisation. Le premier palier, fixé à 15% de véhicules neufs électriques ou hybrides rechargeables en 2022, a déjà été atteint, et on attend désormais les objectifs pour 2025.