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Les bois feuillus comme alternative au béton

 

Fagus Suisse a développé une technologie permettant de façonner les bois durs indigènes en poutres et structures portantes. Plus résistants que les bois résineux, ils trouvent une application dans un grand nombre de constructions, y compris des bâtiments de plusieurs étages. 

Présent en abondance dans les forêts suisses, le hêtre est principalement utilisé dans la filière bois énergie ou destiné à l’export en Asie, pour la fabrication de meubles. «Il était dommage de ne pas le valoriser pour la construction», raconte Eric Mueller, le directeur de Fagus Suisse. D’autant que la demande est forte sur la filière des résineux; des espèces qui souffrent du changement climatique et de l’attaque du bostryche. Les bois durs comme le hêtre, mais aussi le chêne ou le châtaignier, constituent quant à eux une alternative durable et robuste à l’acier et au béton, et permettent d’édifier des bâtiments de plusieurs étages. 

Dans cette filière du woodtech, l’entreprise Fagus fait figure de pionnière. En collaboration avec le département architecture, bois et génie civil de la Haute Ecole spécialisée bernoise, elle a en effet développé une technologie unique permettant de façonner industriellement les bois durs en supports de construction très résistants, jusqu’à 13,5m de longueur. Et ce, en grande quantité et à des prix raisonnables.

 

BEAUCOUP PLUS RÉSISTANT QUE L’ÉPICÉA

L’entreprise fabrique principalement des poutres et des structures portantes (notamment des cadres et des poteaux) de haute résistance pour diverses applications allant de quelques éléments dans une construction familiale à des structures de grande taille pour des tours de 80m de haut. «Le créneau des bâtiments de plusieurs étages est difficilement accessible aux résineux», explique Eric Mueller. Les bois durs ont en effet de meilleures propriétés. Le hêtre offre ainsi une densité brute supérieure de 60% à celle de l’épicéa, deux fois plus de résistance à la flexion et à la traction, et avec une résistance à la compression trois fois supérieure. Des qualités qui permettent d’utiliser moins d’éléments d’assemblage et de réduire considérablement le volume de bois nécessaire dans les constructions. «Notre vocation n’est toutefois pas d’occuper tout le terrain, car les résineux ont toujours leur place dans la construction», précise le directeur de Fagus. «C’est un écosystème complémentaire. Ce que nous voulons, c’est remplacer l’acier et le béton.»

 

CIRCUITS COURTS ET MARCHÉ LOCAL

Il faut dire que les avantages écologiques du bois sont indéniables – les feuillus stockent d’ailleurs 30% de CO2 de plus que les résineux, soit environ 1,3 tonne par mètre cube. Fagus utilise uniquement du bois provenant des forêts suisses. «Et il en pousse plus qu’assez, davantage que ce que l’on utilise aujourd’hui!» ajoute Eric Mueller. «La surface du hêtre occupe environ 17% de la forêt suisse, qui représente aujourd’hui un volume de quelque 430 millions de mètres cubes. Chaque année, 10,4 millions de mètres cubes d’arbres poussent et 5 millions sont consommés.» Les bois durs sont récoltés et sciés localement, puis transformés en composants dans l’usine Fagus des Breuleux (JU), inaugurée en 2020. Soit une production 100% suisse, avec des distances de transport courtes. 

L’entreprise vise le marché local. «Mais si la demande reste aussi soutenue, une seule usine ne suffira pas», précise le directeur, qui évoque un taux de croissance à deux chiffres. Avec à peine 1% de la part des constructions en bois aujourd’hui, la marge de progression est en effet énorme. Des études récentes tablent ainsi sur 5% de feuillus dans la construction en bois dans les années à venir, soit environ 35’000m3 de lamellé-collé par an. Dans son usine qui compte pour l’heure une seule équipe, Fagus prévoit quant à elle une production annuelle de 4500m3

La plateforme CleantechAlps apporte son soutien aux entreprises actives dans les technologies propres. En partenariat avec elle, Efficience 21 met en lumière ceux qui font les cleantechs en Suisse occidentale.