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Pas (encore) de déclic pour le retrofit électrique

 

Depuis avril 2020, la France accorde des subventions pour le retrofit électrique, cette opération qui consiste à remplacer le moteur thermique d’un véhicule par un moteur électrique. La démarche peine encore à s’implanter en Suisse, malgré le potentiel énorme de cette opération.

  

JOËLLE LORETAN

De nombreux pays posent des échéances à la vente des voitures essence ou diesel (2025 pour la Norvège, 2030 pour le Royaume-Uni, 2035 pour la Californie, 2040 pour la France, pour ne citer qu’eux). En Suisse, on préfère inciter plutôt qu’interdire, avec une «Feuille de route pour la mobilité électrique 2022»* qui vise à porter à 15%, d’ici à 2022 (demain donc!), la part des véhicules de tourisme électriques et hybrides rechargeables, contre 4% aujourd’hui. Dans ce contexte, le retrofit électrique semble être une approche écologiquement pertinente. Selon les calculs réalisés par GreenFlex, société spécialisée dans les conseils et solutions en développement durable, l’impact carbone est réduit de 38% en choisissant de convertir un véhicule thermique en fin de première vie par rapport à l’achat d’un modèle électrique neuf avec destruction de l’ancienne voiture. Pourtant, l’industrie dans le domaine n’en est qu’à ses balbutiements: il n’y aurait actuellement qu’une centaine d’entreprises dans le monde à s’être spécialisées dans le retrofit électrique, dont Retrofuture, née il y a dix-huit mois en France et qui vise aujourd’hui le marché suisse. «Il y a cinq ans, c’était quasi impossible de faire du retrofit, car les batteries ad hoc n’existaient pas. Aujourd’hui, nous avons des kits dédiés», explique Arnaud Pigounides, fondateur de Retrofuture.

 

ENCORE DU CHEMIN EN SUISSE

«Depuis le début de l’année, une seule demande pour «retrofiter» électriquement une voiture m’est parvenue.» Tout est dit! Yannick Giroud, chef de la Division technique du Service des automobiles et de la navigation du canton de Vaud, mentionne une demande anecdotique dans le canton. Et ce n’est pas mieux du côté de l’Association des services des automobiles (asa): «Le nombre de retrofits électriques concerne tout au plus deux ou trois véhicules par année sur l’ensemble de la Suisse.» Bien que presque inexistante, la démarche est toutefois possible, à condition de présenter le véhicule modifié à l’Office de la circulation du canton. Pas si évident, selon Yannick Giroud: «Pour toute modification conséquente d’un véhicule – et le changement de moteur en est une –, on se base sur le droit fédéral en matière d’expertises, et il est assez contraignant. Si une 2CV est retrofitée, sera-t-elle toujours équilibrée, et les freins, les poids sur les essieux ou encore la dynamique du véhicule adaptés? Les justifications sont demandées au détenteur de la voiture, qui doit s’adresser lui-même au constructeur ou, à défaut, à un laboratoire validé par l’OFROU, et l’étape est onéreuse pour des particuliers.»

Arnaud Pigounides évoque un montant de 15’000 francs par voiture, en plus du retrofit lui-même: «C’est évident que pour le moment, la démarche s’adresse à des gens qui ont les moyens. Mais plus on acquerra les compétences, plus on sera rapide et efficace et moins ce sera coûteux.» Retro-future, qui compte déjà quatre pré-commandes en Suisse en quelques semaines de présence sur le territoire, cherche avant tout à fédérer pour mieux influencer. «Nous travaillons à la mise en place de l’Association européenne du retrofit», explique-t-il. «Nous sommes déjà une quinzaine d’acteurs. L’idée est d’avoir une force de frappe plus importante et de faire avancer les choses, notamment sur la question des règlementations, qui diffèrent d’un pays à l’autre.»

 

VOLONTÉ POLITIQUE INEXISTANTE

En Suisse, il n’existe aucune subvention pour la transformation d’un véhicule essence en véhicule électrique, et le savoir- faire fait défaut. L’Association des services des automobiles précise que la situation pourrait évoluer si une production en série devait voir le jour. «Des kits de transformation standardisés et homologués au niveau européen permettraient d’abaisser les coûts et de rendre le retrofit plus attractif», relève Yannick Giroud. Et pour simplifier les démarches, une impulsion politique est essentielle. Pour lui, il faudrait adapter l’ordonnance au niveau fédéral: «La manière dont les choses évolueront dépendra vraiment des facilités que les autorités fédérales pourraient donner à l’approche.» Pour l’heure, il n’a encore trouvé aucun écho à l’OFROU, où le sujet n’est pas encore abordé.

 

* https://bit.ly/2UPCZ5B

Le retrofit, en quelques mots

 

Le retrofit électrique est l’opération qui consiste à remplacer le moteur thermique d’un véhicule (moto, voiture, camion, bus) par un moteur électrique. Certains se souviendront peut-être de Meghan et du Prince Harry, filant à l’issue de leur mariage en 2018 à bord d’une Jaguar type E de 1968... électrifiée. Une voiture construite spécialement pour l’occasion. Un coup de pub magistral pour le retrofit électrique, qui aurait bien besoin d’un bon coup d’accélérateur pour s’imposer!