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Pour l’isolation, l’herbe a tout bon

 

Des panneaux isolants biosourcés à base d’herbe perdue: voilà ce que propose Clean Insulating Technologies. Un modèle d’économie circulaire et un produit présentant un bilan carbone négatif.

Gramitherm® est un procédé exclusif développé à l’EPFL permettant de fabriquer des panneaux isolants naturels et écologiques à base d’herbe. Fondée sur l’économie circulaire, la solution utilise 92% de matériaux biosourcés et présente un bilan carbone négatif. Dans son usine de production belge, l’entreprise fondée en Suisse valorise de l’herbe «perdue». Pas question en effet d’utiliser le fourrage destiné à la nourriture animale. La matière première est un déchet: l’herbe provient de l’entretien des bords de routes, des aéroports ou encore des canaux. Elle est également ramassée sur les polders dont la végétation n’est pas assez nutritive pour les animaux. «L’herbe est le biosourcé le plus rapidement renouvelable, avec un volume à disposition très conséquent de deux ou trois coupes par an», explique Agnès Roggeman, Communication & Marketing Advisor de l’entreprise. «Mise en ensilage (un milieu anaérobie), elle garde ses propriétés pendant deux ans, ce qui permet une gestion de stock en continu.» 

 

UN CYCLE DE PRODUCTION VERTUEUX 

Une fois coupée, la partie fibreuse de l’herbe est séparée du jus vert. Celui-ci est méthanisé afin de produire du biogaz, utilisé pour sécher et travailler la fibre. La fibre d’herbe est mélangée avec de la fibre de jute provenant de sacs de cacao recyclés, puis napée en épaisseurs variant de 45 à 240mm au terme d’un processus très peu gourmand en énergie, sur des lignes de production de 80m de long permettant de réaliser jusqu’à 200’000m3 de panneaux par an. 8% de polyester sont ajoutés afin de pouvoir thermoformer les panneaux. «C’est LE problème de tous les matériaux biosourcés», relève Agnès Roggeman. Des recherches sont d’ailleurs menées afin de trouver une alternative naturelle. «Nous sommes capables de produire des panneaux avec un liant à base d’amidon, mais ce matériau ne tient pas à l’humidité. Son usage est donc réservé en isolation intérieure, dans des lieux qui ne sont pas soumis à une hygrométrie importante.» 

Reste que l’obtention du matériau isolant provient d’un cycle vertueux. «C’est un bel exemple d’économie circulaire», affirme-t-elle. Grâce à l’absorption de CO2 par la plante lors de sa croissance et à la production peu gourmande en énergie de l’isolant, le processus de fabrication affiche un bilan carbone négatif. Un kg d’isolant absorbe ainsi près d’un kg et demi d’équivlalent CO2. Une performance qui a d’ailleurs été reconnue par le label Solar Impulse, que l’entreprise a obtenu en 2019. 

 

LA SOLUTION EST UNIQUE AU MONDE

Les panneaux en Gramitherm® sont destinés à la construction et à la rénovation durable. L’isolant peut également être directement intégré dans des éléments constructifs, pour le hors site (la fabrication en atelier et non pas sur un chantier). Les panneaux peuvent aussi bien être utilisés en isolation intérieure – murs, cloisons, planchers et toitures – qu’extérieure (avec un parement protecteur, notamment des plaquettes en terre cuite). «En toiture, Gramitherm® a un temps de déphasage de neuf heures en 240mm, ce qui est remarquable par rapport aux isolants minéraux, c’est-à-dire que les panneaux protègent non seulement du froid, mais permettent aussi de garder la fraîcheur dans la maison pendant les chaleurs d’été», souligne Agnès Roggeman. Avec un prix de 10 francs le mètre carré en 100 mm, il est entre 15 et 20% plus cher que les isolants minéraux. Mais sa longévité est de cinquante ans – même en milieu humide, contrairement aux laines minérales – et il conserve ses propriétés intactes tout au long de son cycle de vie. 

Autant d’atouts prometteurs pour le développement de l’entreprise, dont les marchés géographiques sont, pour l’heure, européens. «Nous sommes les seuls au monde à proposer des isolants à base d’herbe perdue et cette matière première est disponible quasiment partout sur la planète», affirme Agnès Roggeman. Un indice des velléités de Clean Insulating Technologies de conquérir d’autres marchés? On n’en saura pas plus. La société reste également discrète sur son volume d’affaires, mais révèle que son carnet de commande se remplit sérieusement. 

La plateforme CleantechAlps apporte son soutien aux entreprises actives dans les technologies propres. En partenariat avec elle, Efficience 21 met en lumière ceux qui font les cleantechs en Suisse occidentale.