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Transition écologique, un nouveau revenu pour s’en donner les moyens

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SOCIÉTÉ I Economie

 

Transition écologique,  un nouveau revenu pour s’en donner les moyens

 

L’idée d’un revenu de transition écologique commence à faire son chemin dans les milieux économiques, sociaux et politiques. Encore embryonnaire, le projet pourrait bien constituer un des piliers du paradigme durable que l’on doit impérativement atteindre. Explications.

  

THOMAS PFEFFERLÉ

Alors que les plans de relance économique durable se multiplient sur la scène internationale, la Suisse entend également se doter d’un nouvel outil pour financer sa transition écologique. Pensé initialement par Sophie Swaton, chercheuse en philosophie et économie à l’Université de Lausanne, le concept de revenu de transition écologique pourrait en effet permettre de booster le lancement de nombreux projets durables. Un levier qui commence doucement à être exploré par les milieux économiques, sociaux et politiques.

Concrètement, ce revenu de transition écologique (RTE) consiste en une aide financière apportée par les cantons et/ou certains organismes privés afin de soutenir divers projets entrepreneuriaux s’inscrivant dans une démarche durable. Si de nombreuses questions et problématiques restent encore à résoudre quant à son instauration, l’idée permet déjà d’observer des initiatives encourageantes.

 

QUELLES FORMES, QUELS BÉNÉFICIAIRES?

Elaboré comme un outil d’accélération de la transition, le RTE doit avant tout soutenir l’emploi et la création de nouveaux métiers. Premier défi: éviter de générer une situation artificielle, avec des entreprises ou entrepreneurs sous perfusion financière. «C’est notamment pour cette raison que le RTE peut revêtir de multiples formes, souligne l’économiste Sophie Swaton. Il peut s’agir d’un revenu alloué pendant quelques années, d’un investissement permettant de démarrer une nouvelle activité ou encore de prendre en charge les coûts de formation d’une personne en reconversion professionnelle dans un secteur durable.»

Si la forme du RTE doit rester variable, sa cible l’est également. Entreprises, entrepreneurs, start-up ou encore indépendants, tous y auraient théoriquement droit. Seule condition: créer de la valeur économique dans un secteur durable pertinent et prometteur pour contribuer à résoudre la crise environnementale. Deux questions s’imposent alors: qui précisément finance ce nouveau revenu, et comment juger la pertinence écologique des projets soutenus? «Nous sommes encore au tout début de la mise en œuvre de ce projet», poursuit Sophie Swaton, qui dirige également la fondation d’utilité publique Zoein, dont l’objectif consiste à répondre aux bouleversements engendrés par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité. «Pour l’instant, à travers les projets exploratoires prévus entre Vaud et le Jura, on observe une dynamique hybride entre les cantons et certaines entités privées. Si le modèle économique du RTE doit encore être affiné, notamment afin de s’insérer concrètement au sein de problématiques variées, il représente une option bien plus avantageuse que d’attendre de devoir payer le prix de la crise écologique. Quant au jugement de la pertinence des projets ciblés, il s’agit de se baser sur des éléments à la fois scientifiques et économiques, en constituant notamment des pools d’experts.»

 

FEEDBACK DU TERRAIN

Dans la pratique, les projets pilotes se traduisent de différentes manières. A Yverdon-les-Bains, on peut déjà mentionner l’ouverture d’une bibliothèque d’objets – la Tatou-thèque –, dont l’activité consiste à récupérer des objets pour leur donner une deuxième vie, en prêt. Si ce lieu ne constitue pas encore une expérimentation RTE à proprement parler, il s’agit d’une nouvelle mesure d’insertion sociale à vocation écologique du canton de Vaud, pour laquelle la fondation Zoein a d’ailleurs été mandatée afin d’évaluer le projet. En France, l’idée commence également à germer. Aux alentours de Tournon-d’Agenais (Lot-et-Garonne), le projet expérimental TERA, qui prévoit notamment de relocaliser la production alimentaire en se basant sur la permaculture, expérimente l’implémentation du RTE avec le soutien de la Fondation Zoein.

Pour revenir en Suisse, après les cantons de Vaud et du Jura, Genève s’intéresse aussi au RTE. Suite à une première impulsion donnée par l’Hospice général, un groupe de travail a été créé en collaboration avec la Ville de Meyrin, l’Office cantonal de l’emploi, l’Office de l’action, de l’insertion et de l’intégration sociales, l’organisation ATD Quart Monde Suisse, la chambre de l’économie sociale et solidaire APRÈS-GE et la Fondation Zoein. Un consortium dont la collaboration devrait aboutir à différents projets en 2022.

Trois questions à Rebecca Joly,

membre du Grand Conseil vaudois, à la tête du groupe des Verts

 

Concrètement, où en sont les démarches administratives visant à implémenter le RTE dans la vie politique et économique vaudoise?

J’ai déposé un postulat pour étudier cette mesure et la manière de l’intégrer à notre politique économique et environnementale. Ce postulat a été accepté par le Grand Conseil en début d’année. Un groupe de travail a par ailleurs été formé pour élaborer différents scénarios possibles quant au déploiement de ce nouvel outil financier durable.

 

De quelle manière devrait probablement s’articuler l’allocation de ce nouveau revenu?

Nous viserons les personnes qui s’engagent dans une organisation durable prometteuse, ou qui participent à sa création. Le RTE a également une importante dimension sociale. Il faut donc aussi et surtout pouvoir sortir des personnes de la précarité à travers des programmes de réinsertion professionnelle dans des secteurs économiques d’avenir qui participent activement à la transition.

 

Quels impacts souhaitez-vous engendrer sur la vie politique et économique du canton par l’introduction de cette nouvelle mesure?

L’impact doit être double. Il s’agit, d’une part, de soutenir l’emploi et la création de nouveaux postes dans des domaines durables prometteurs. Cela tant pour favoriser la transition d’un point de vue global que la réinsertion socioprofessionnelle d’une perspective individuelle. Et, d’autre part, il faut pouvoir créer un effet de levier dans l’optique de décarboner l’économie vaudoise. C’est une démarche à entreprendre sur le long terme, qui doit parvenir à générer des projets rentables. Globalement, il faut pouvoir démontrer aux PME et aux acteurs du tissu économique que des programmes concrets et viables existent en matière de transition.