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Vade retro gaspi alimentaire!

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Vade retro gaspi alimentaire!

 

Chaque année en Suisse, 2,8 millions de tonnes de denrées atterrissent à la poubelle. La faute, souvent, à nos idées préconçues sur ce qu’est un aliment consommable. Alors, ce concombre mou et ces fanes de radis: compost ou assiette?

  

 SYLVIE ULMANN

Dans le monde, un tiers de la nourriture produite finirait aux ordures. Outre la partie évidente du gaspillage – ces aliments ne nourriront personne –, on a tendance à oublier la partie «grise» du problème, autrement dit l’énergie et les matériaux nécessaires pour fabriquer ces denrées et les acheminer dans notre frigo. Tout cela parce que nous craignons de nous empoisonner en mangeant un yaourt passé d’un jour ou une banane dont la peau évoque davantage un léopard qu’un Minion, et parce que nous ignorons souvent que faire des fanes de radis ou du vert des côtes de bettes.

Tout cela a incité les distributeurs à se retrousser les manches. Chez Coop, les produits dont le délai de vente est expiré sont marqués avec l’autocollant «Valoriser au lieu de jeter» et proposés à un prix réduit. Migros essore également les prix des denrées proches de leur date de durabilité minimale. Lorsqu’elles ne peuvent plus être vendues, mais demeurent de qualité irréprochable, les deux géants orange en font don à des organisations, comme Table couvre-toi et Table suisse, qui remplissent plus de 12 millions d’assiettes de personnes touchées par la pauvreté.

 

«SOUVENT BON APRÈS»

Depuis le mois de mai, les supermarchés Manor ont rejoint Too Good To Go, aux côtés de Migros et des boulangeries Pouly par exemple. Née au Danemark en 2016, l’entreprise est arrivée en Suisse à l’été 2018. Présente dans 14 pays européens et aux Etats-Unis depuis septembre dernier, elle se présente sous la forme d’une application et compte 25 millions d’utilisateurs. Le credo de la maison: lutter contre le gaspillage lié aux dates de péremption, responsables, selon elle, de 10 % du gaspillage alimentaire en Europe. Le principe est simple: l’app permet de repérer les invendus des restaurants et magasins dans une zone déterminée. Au lieu de jeter ces produits, ces commerces en font des paniers surprises proposés à prix mini. A réserver puis récupérer à une heure donnée directement dans le commerce en question. L’entreprise mène aussi le combat auprès des producteurs: elle leur demande d’ajouter la mention «souvent bon après» à la date de durabilité minimale. En Suisse, des poids lourds de l’alimentaire, comme Nestlé, Hug ou Emmi, et de plus petits acteurs de la branche, comme la brasserie Dr Gab’s, ont accepté de jouer le jeu.

 

DES ASTUCES, PAS DE MORALISATION

Autre initiative anti-gaspi, la campagne nationale de la Fondation Pusch, baptisée «Save Food, Fight Waste», dont Coop est partenaire depuis 2019. Véritable mine de conseils, son site internet nous apprend comment remplir le frigo et reconnaître une denrée impropre à la consommation. On y trouve aussi recettes et bons plans pour éviter de jeter une poire molle ou du pain rassis, ainsi qu’un test pour faire le point sur ses connaissances en matière d’économie ménagère. Et, pour devenir des «food ninjas», on peut également s’inscrire et recevoir des infos par e-mail une ou plusieurs fois par semaine. Le tout sur un ton sympa et jamais moralisateur.

Enfin, sachant qu’au potager le gaspillage commence souvent dès la récolte, Migros a lancé une initiative baptisée «beaux et différents». Les fruits et légumes trop grands, trop petits, pas assez courbés ou colorés  mais parfaitement consommables – ne sont ainsi plus recalés à la vente. Un geste facile à adopter au quotidien!